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Comment remplir la fiche d’évaluation Tracfin acquéreur?

Écrit par Eva

Objectif de la fiche d’évaluation : réaliser les contrôles exigés par la réglementation Tracfin afin de déterminer si la transaction est susceptible de dissimuler une opération illicite (blanchiment de capitaux ou financement du terrorisme).

Partie I : Acquéreurs

  • Informations générales :

    — Nom, prénom(s), date et lieu de naissance, etc.

→ Ces informations sont nécessaires pour bien connaitre le client et l’identifier légalement. Une transaction doit toujours identifier clairement les parties. Un document d’identité doit être obtenu (CNI, passeport).

— Rencontre physique avec le client :

Le plus simple est de comparer la pièce d'identité du client avec la personne qui se présente devant vous. Mais si une rencontre en face à face n'est pas possible (par exemple, le client réside à l'étranger) :

  • demandez-lui de vous fournir plusieurs pièces d'identité ;

  • vérifiez ensuite son identité par une signature électronique avancée et/ou un recommandé électronique (💡 reportez-vous au modèle « Vérification d'identité » dans votre dossier de vente dans l’ancien)

  • Contrôle des bases en ligne

    — Présence sur la liste du gel des avoirs

    → Il est impératif de vérifier si votre client est présent sur la liste du gel des avoirs ou non. Les agents de la DGCCRF peuvent vous demander les vérifications en cas de contrôles. Le recherche se fait gratuitement en ligne : https://gels-avoirs.dgtresor.gouv.fr/List

    MyNotary automatise cette recherche en la faisant à votre place et en générant un rapport : Cliquez sur “lancer l’analyse”. Un rapport se génère en annexe.

Contrôle PPE et sanction : le client

  • Une PPE est une personne qui exerce, ou a cessé d'exercer depuis moins d'un an, une fonction politique, juridictionnelle ou administrative importante. La même vigilance s'applique si le client est un proche d'une PPE.
    Être PPE n'empêche pas le client de contracter : des vérifications complémentaires sont simplement nécessaires. Cette recherche est obligatoire.

  • Sanctions : Il s'agit de toute sanction prononcée contre la personne, en France ou à l'étranger (par exemple un gel des avoirs en France). Cette recherche n'est pas obligatoire.

Que faut-il indiquer ?

Précisez si le client est une PPE (en France ou à l'étranger) et si une sanction a été prononcée contre lui.

Comment vérifier ?

  • PPE : une recherche internet suffit. Taper le nom de la personne permet généralement de retrouver son poste et de voir s'il est politiquement exposé.

  • Sanctions : la recherche est plus complexe.

Vous pouvez faire automatiquement ces deux recherches sur MyNotary, pour 0,20 € par personne en cliquant sur “lancer l’analyse”. La recherche se fait sur www.opensanctions.org qui est une source payante. Un rapport se génère en annexe.

— Le client fait l'objet des médias défavorables

Vérifiez si le client est connu négativement dans les médias. Si sa mauvaise réputation peut remettre en cause sa fiabilité pour mener l'opération à bien, faites des recherches complémentaires afin de comprendre l'objectif de la vente.

il peut s'agir d'articles de presse ou de sources publiques faisant état de :

  • une mise en examen, une enquête ou une condamnation pour fraude, escroquerie, abus de biens sociaux ou blanchiment ;

  • des soupçons de corruption, de trafic d'influence ou de détournement de fonds publics ;

  • un lien avec le trafic de stupéfiants ou la criminalité organisée ;

Si le client apparaît dans ce type de médias, faites des recherches complémentaires pour comprendre l'objectif de la vente ou de l'achat : d'où proviennent les fonds ? Le montant est-il cohérent avec sa situation et ses revenus ? Y a-t-il un apport inhabituel, un paiement par un tiers ou un montage complexe (SCI, société étrangère) ?

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Profession et revenus

— Le client exerce une activité professionnelle

Il s'agit de reconstituer la situation financière du client pour comprendre la transaction dans son contexte. Exemples : achète un bien à un prix élevé sans avoir de revenus. Comment finance-t-il l'achat ?

Si l'activité relève d'un secteur à risque

Tracfin en identifie plusieurs (liste non exhaustive) : BTP, sociétés de surveillance, formation professionnelle, hôtellerie, restauration rapide, cartes prépayées, rénovation énergétique, dépannage à domicile, ainsi que les secteurs atypiques ou nouveaux (financement participatif, biens à double usage, cryptomonnaie, influenceurs…).

Ces secteurs favorisent le blanchiment d'argent et exigent une vigilance renforcée. Vous devez :

  • recueillir des informations supplémentaires sur le client, notamment l'origine des fonds et de son patrimoine ;

  • vérifier que l'opération est cohérente avec ce que vous savez de lui.

👉 Rapprochez le secteur d'activité de l'origine des fonds et demandez des justificatifs qui la prouvent si une incohérence apparait.

— Il y a une incohérence entre les revenus et le train de vie du client

Il s'agit de vérifier si le niveau de vie apparent du client (ce qu'il dépense, possède ou finance) est cohérent avec les ressources déclarées ou connues (salaires, revenus de l'activité, patrimoine, héritage, etc.).

Une réponse « oui, il y a une incohérence » signifie que les moyens financiers visibles ne s'expliquent pas par les revenus justifiés. Cela peut suggérer que l'argent a une origine non déclarée ou illicite (fraude fiscale, trafic, corruption, travail dissimulé, etc.).

Par exemple le client détient des biens de luxe et roule en voiture haut de gamme alors qu’il déclare avoir de faibles revenus.
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  • Commentaires

— Observation ou risque à ajouter concernant la personne

Ce champ est un espace de commentaire libre : il sert à consigner tout élément que les questions fermées de la fiche n'ont pas permis de capter, et qui est utile pour apprécier le niveau de risque du client.

Par ex. un comportement suspect : réticence à fournir des justificatifs, réponses évasives ou contradictoires, urgence inhabituelle, pressions pour accélérer l'opération, il vous dit qu’il s’est déjà rétracté de plusieurs ventes (versements puis restitutions d’un dépôt de garantie).

  • Procuration

— La partie donne t-elle procuration pour ce contrat / si oui : Il existe un doute sur la relation de représentation ?

La réglementation impose d'identifier non seulement le client, mais aussi toute personne agissant pour son compte et de vérifier ses pouvoirs. La représentation peut servir à :

  • masquer le véritable bénéficiaire de l'opération (prête-nom, « homme de paille ») ;

  • brouiller la traçabilité des fonds en interposant une personne sans lien apparent avec l'opération ;

  • contourner une interdiction, un gel des avoirs ou une vigilance renforcée qui viserait le vrai décideur.
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Partie II : Bien à vendre

— Bien faisant l'objet d'une mesure de gel

Une mesure de gel peut également s’appliquer directement à un bien immobilier. Dans ce cas, le bien ne peut être cédé en aucun cas : vous devez cesser immédiatement la transaction et en informer la direction générale du Trésor.

Pour savoir si le bien est concerné, consultez la liste officielle des biens immobiliers gelés publiée par la DG Trésor (adresse et référence cadastrale), ou cliquez sur « Lancer l’analyse » pour que la plateforme effectue la recherche automatiquement.

Partie III : informations sur la vente

  • Objectif de l’opération

Pourquoi l’acquéreur achète t-il ce bien? (achat d’un bien plus grand ou plus petit, mutation professionnelle, séparation, etc.)

Dans le cadre de votre obligation de vigilance constante, vous devez connaître et comprendre l’objectif de la vente.

Une réponse floue, évasive ou incohérente peut constituer un indice de suspicion : notez-la dans la remarque libre, en reprenant si possible les termes exacts de l’acquéreur.

  • Opération favorisant l’anonymat

Si l’opération permet de préserver l’anonymat de l’acquéreur (personne interposée, société écran, prête-nom, etc.), vous devez identifier les bénéficiaires effectifs et vérifier leur identité. Une personne qui s’efforce de ne pas apparaître peut légitimement paraître suspecte.

  • Opération particulièrement complexe

Une opération qui vous paraît suspecte en raison de particularités, quelles qu’elles soient, constitue un risque tant que vos soupçons ne sont pas levés. Elle peut être anormale en présence, par exemple, de fonds provenant de plusieurs comptes ou de tiers sans lien apparent avec l’acquéreur, d’une origine des fonds floue ou impossible à justifier, ou d’un apport important sans cohérence avec la situation professionnelle ou patrimoniale.

Il n’existe pas de liste exhaustive de ce qui est anormal : fiez-vous à votre expérience et à votre jugement.

Un doute n’entraîne pas automatiquement une déclaration de soupçon. C’est l’impossibilité de le lever, malgré vos vérifications, qui doit vous y conduire. Dans le doute, déclarez.

  • Le client propose de payer une partie en espèce

Le paiement en espèces est l’un des signaux d’alerte les plus classiques en matière de blanchiment. L’argent liquide ne laisse aucune trace : on ne peut ni identifier son origine, ni retracer son parcours, ni vérifier qu’il provient d’une activité légale. Acheter un bien avec des espèces permet de transformer de l’argent illicite en patrimoine immobilier d’apparence légale.

Obtenez la justification de ce liquide. Si retrait à la banque d’un montant important, demander un justificatif du retrait.

  • Observation ou risque à ajouter sur l'opération

Ce champ est un espace de commentaire libre : il sert à consigner tout élément que les questions fermées de la fiche n'ont pas permis de capter, et qui est utile pour apprécier le niveau de risque sur l’opération et l’utilité du retrait.

Partie IV : le financement

  • Recours à un emprunt

Si l’acquéreur a recours à un prêt, demandez-lui l’offre de prêt ou l’accord de principe afin de vérifier que l’établissement est connu et régulé. Si c’est le cas, la situation est moins risquée, mais la vigilance reste de mise.

S’il n’a pas recours à un prêt, vous devez impérativement connaître l’origine des fonds. En cas d’incohérence entre ses déclarations et sa situation personnelle, demandez des justificatifs supplémentaires (attestation bancaire prouvant la disponibilité des fonds, acte de vente d’un bien, attestation de succession, etc.).

Exemple : un couple d’architectes, qui perçoit chacun 5 000 € de revenus mensuels, achète un bien à 300 000 € sans prêt. Il explique que l’apport provient de la vente de leur précédent logement. Cette explication est cohérente avec leur profil : une déclaration claire, accompagnée de l’acte de vente (ou à défaut d’une attestation bancaire), suffit à lever le doute. S’il avait refusé de s’expliquer ou donné une réponse floue, il aurait fallu insister et, à défaut, envisager une déclaration de soupçon.

  • Recours à un apport personnel

L’apport personnel doit toujours être justifié, quel que soit son montant : vous devez savoir précisément d’où provient cet argent (épargne, vente d’un bien, donation, héritage, etc.) et conserver un justificatif.

Partie V et VI : Agence et conseiller

→ Ici se trouvent les informations propres au professionnel, nécessaires pour identifier la personne sur qui pèsent les obligations Tracfin dans ce dossier.

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